
Aux vitres fermées,
la pluie de mai griffonne,
silence des murs.
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Aux vitres fermées,
la pluie de mai griffonne,
silence des murs.
Je suis l'Absence (- Je suis l'Ab-sens)
Tombée de l'arc-en-ciel
dans le roulis des vagues,
La mer me berce et
me brûle, me brûle et me consume,
entre ses bras amers,
La mer-pieuvre-aux -mille- bras dit, douce sournoise : " Je suis l'Amer",
me polissant de
ses doigts sûrs,
jusqu'à l'usure.
M.M.


Feux éteints,
champs de férules aux moelles sèches,
flétrissures de pavots éclatés comme des lèvres
en coeur,
choeur silencieux d'arums,
marée de lèvres blanches comme croix
à perte de vue retenant le ciel noir,
(un drap blanc sur le visage perdu
le défait)
Au fond des yeux,
légère, échevelée, bleue
comme aile d'amplitude infinie
Elle - s'en va
M.M.

Toi L'Innommée, dont les yeux ardents essaiment
leur brûlure jusqu'aux paupières closes,
Toi seule, tu rends à la clarté sa nuit souveraine,
à l'ombre tapie, sa proie de lumière
que tu nommes Désir.
Ton visage égrène tous les masques
en reflets frémissants sous l'eau pâle
du lac ; Ton visage est un miroir
sans tain, une onde souterraine
creuse ses jours à la techtonique imprévue,
son chant tu.
Présence-meute, Silence-parlant-signes,
Toi seule réfracte la peur noire
où s'abîme l'angoisse aux lèvres séparées.
M.M.
Solitude aux vastes étendues
en ses contours flous
Où comme un cajibi saturé de poussière à
perpétuité. Tu y cherches un dehors vierge
et réfractaire au discours de l'Autre
Un dehors sans dedans
Sauvage
Sauveur du temps sans aloi
Tout au bout de la forêt profonde
Un chemin blanc
Sans présence ni peut-être
ni fausse promesse
Un chemin blanc
où le ciel et l'eau se mélangent et
la terre n'est plus rien
que le passage des loups
ou le souvenir d'un galop de chevaux
Qu'aucune parole
Plus jamais
Ne te hante
M.M.